Cyril Arnstam

1919-2020

Né à Saint-Pétersbourg en 1919, la famille Arnstam quitte la Russie et s’installe à Berlin en 1921. À l’âge de 6 ans, Cyril Arnstam est déjà reconnu pour ses dons de dessinateur, et plusieurs journaux consacrent des articles à son talent précoce. Son père, le décorateur Alexandre Arnstam, lui montre également la voie. Ayant fui Berlin après 1933, Cyril suit, à Paris, les cours de l’École nationale supérieure des arts appliqués, où il apprend l’art de la « lettre ». Son frère, Igor Arnstam, a dessiné six affiches pour le cinéma, dont deux pour Le Quai des brumes (1938). C’est ainsi que Cyril Arnstam débute dans l’affiche de cinéma.

Cyril Arnstam est principalement connu en tant qu’affichiste pour être le chef d’orchestre de la campagne d’affichage de Katia, de Maurice Tourneur (1938).
Pour ce film, il conçoit en effet les cinq affiches destinées à faire connaître le visage de Danielle Darrieux : trois affiches de 160 x 120 cm, l’affiche 2 panneaux 160 x 240 cm et la 4 panneaux 240 x 320 cm. Auparavant, il a conçu l’affiche du film Les Mutinés de l’Elseneur de Pierre Chenal en 1936, et deux affiches pour La Mort du cygne de Marie Epstein et Jean Benoît-Lévy (1937). Obligé de se cacher pendant la Seconde Guerre mondiale, il cesse toute activité dans le monde du cinéma. Il reprend son activité d’affichiste en dessinant notamment des affiches de films de Riccardo Freda, dont La Fille des marais/Cielo sulla palude en 1949, mais aussi de films français comme Olivia de Jacqueline Audry (1950). Il sera contraint de refaire la maquette de cette affiche pour ne pas choquer la censure. Cyril Arnstam travaille aussi pour la Columbia avec Sur les quais/On the Waterfront d’Elia Kazan, en 1954. Après une longue parenthèse, il réalise à nouveau des affiches de cinéma au début des années 1980. Malheureusement, comme il le dit, ces films n’auront pas grand succès : Daniel (Sidney Lumet, 1983), Eaux profondes (Michel Deville, 1981), Un juge en danger/Io ho paura (Damiano Damiani, 1977).

Dans les années 1970, Arnstam délaisse les affiches de cinéma et fait surtout de l’illustration pour des couvertures de livres. Il travaille aussi pour la revue Playboy, qui mêle images de charme et reportages sur l’actualité. Il est sollicité pour assurer l’illustration de ces derniers : « Mao lesbien », « Georges Marchais et les Rolling Stones », « Chirac dans une poire » (en référence à la campagne publicitaire de la Renault 14)… Ces illustrations peuvent être apparentées à l’univers « pop » des années 1960 et 1970.
Il travaille également pour le mensuel Marie-Claire et pour Paris Match.
En 1978, Cyril Arnstam part à New York, rencontre Jean-Paul Goude, qui vit alors avec Grace Jones. L’ambiance new-yorkaise et la facilité avec laquelle les contacts se nouent le séduisent. Cependant, il se trouve trop âgé pour y commencer une nouvelle carrière.
Il travaille pour l’agence publicitaire de Jacques Séguéla et réalise plusieurs story-boards de films publicitaires (Lanvin, Crédit Agricole, Armani…).

Source: http://www.cineressources.net/