Jacques Bonneaud

1898 – 1971

En 1916, il intègre l’École des beaux-arts, où il a notamment comme professeur Fernand Cormon (1845-1924), qui fut aussi le professeur d’Henri Toulouse-Lautrec et d’Émile Bernard. Il obtient plusieurs premiers prix de dessin, dont celui de la Ville de Paris. Mobilisé entre 1917 et 1919, il poursuit ses études jusqu’en 1920.

Jacques Bonneaud crée, de 1921 à 1957, plus de deux mille affiches pour le cinéma. Son art est intimement lié à une technique : la lithographie.
Après des débuts comme ouvrier lithographe, il travaille comme affichiste pour la société de Louis Nalpas, Ciné Romans (L’Enfant roi de Jean Kemm, 1923).
Bonneaud est un portraitiste de talent : la représentation de Renée Saint-Cyr pour L’Insaisissable Frédéric, de Richard Pottier, en 1946 en est un exemple. Il possède aussi l’art de la composition : l’affiche de Monsieur Vincent (Maurice Cloche, 1947) réunit un portrait de Pierre Fresnay, une scène de festin à laquelle il oppose deux portraits en pied d’enfants misérables. La Cinémathèque française en conserve la maquette, construite à partir de photographies de plateau et faite à la gouache, au format 160 x 120 cm. D’autres maquettes de Jacques Bonneaud sont conservées à la Cinémathèque, comme L’École du crime/Crime School de Louis Seiler en 1938, ou Lunegarde de Marc Allégret en 1944. Certaines sont des ébauches, d’autres sont extrêmement abouties et préfigurent de manière parfaite l’affiche qui sera imprimée.

L’une des affiches les plus célèbres de Jacques Bonneaud reste celle qu’il compose pour Les Enfants du paradis de Marcel Carné, en 1943. Garance (Arletty) y figure dans sa robe rouge sous le regard de tous les protagonistes du film. Il faut savoir que cette affiche imprimée durant la guerre le fut au dos d’autres affiches, le papier étant rare à cette époque. Pendant la guerre, Jacques Bonneaud réalise également une affiche pour le film d’Henri-Georges Clouzot, Le Corbeau. Il cesse son activité d’affichiste pour le cinéma lorsque l’offset se généralise, entraînant la disparition de cette technique pour l’impression des affiches de cinéma.

De 1958 à 1965, Jacques Bonneaud devient directeur artistique d’une imprimerie et se spécialise dans la création d’étiquettes pour produits laitiers.

Sources: Ciné-Ressources