Boris Grinsson

1907 – 1999

D’origine Russe, après des études en sciences politiques, il suit les cours des Beaux-Arts de Tartu, en Estonie.

Boris Grinsson fut, des années 1930 aux années 1970, un des créateurs les plus prolifiques du monde de l’affiche de cinéma.
Il s’établit à Berlin à la fin des années 1920. Il fait de la figuration pour quelques films et s’essaye à ses premières affiches. En 1933, il est poursuivi pour une caricature d’Hitler. Il émigre vers Paris. Il y apprend la technique de la lithographie, qui n’était alors pas utilisée pour les affiches de cinéma en Allemagne. Il réalise plusieurs affiches 2 panneaux. Curieusement, il signe ses affiches « GrinSSon », avec les deux « s » en majuscule qui se détachent de son nom, un choix graphique malencontreux. Il travaille surtout pour des compagnies américaines (RKO, MGM, Paramount), mais aussi pour l’Alliance cinématographique européenne (ACE), qui distribue des films français tournés en Allemagne. Grinsson est un bon portraitiste ; il travaille, comme d’autres affichistes, à partir de photos.

Il cesse toute activité pendant la guerre et se réfugie à Châteauroux. Après la guerre, sa signature change : le nom de Grinsson est incliné, et surtout il est accompagné très vite du sigle du syndicat des affichistes, initié par Roger Rojac, pour défendre, enfin, cette profession. Pour les petits formats d’affiches, Grinsson signe également avec « Gri ». Son talent peut enfin s’exprimer : il crée des affiches pour des grands films : Gilda (Charles Vidor, 1946), La Dame de Shanghai/The Lady from Shanghai (Orson Welles, 1947). Pour ce dernier film, il compose une affiche construite sur une diagonale. La majeure partie de l’affiche est occupée par le portrait de Rita Hayworth (rousse devenue blonde pour les besoins du film). Il dispose autour les éléments « sombres » du film : le mari crapuleux, la fuite sur le yacht. Un tourbillon rythme l’ensemble de l’affiche. L’étreinte entre l’amant et sa maîtresse sur le côté droit rappelle la dernière scène du film aux miroirs brisés et le cri de douleur de Rita Hayworth : « I don’t wanna die ».

En 1959, Boris Grinsson signe l’affiche des Quatre cents coups (François Truffaut, 1959). Il s’agit typiquement d’une affiche conçue à partir d’une photo de plateau, prise lors de la scène finale.

À la fin de sa vie, Boris Grinsson devient peintre.

Sources: Ciné-Ressources